Les écluses
Depuis mai 2018, l’association AÏDA organise des expositions de photos dans les rues de Saint Denis.
Après une deuxième exposition sur les métiers de l’artisanat, l’association s’est tournée cette fois vers un patrimoine du savoir faire.
L’exposition « les écluses à poissons » a animé les rues de Saint-Denis de 2024 à l’été 2026.
Un patrimoine millénaire richement représenté à Saint Denis : les écluses à poissons
Elles défient le temps, les éléments et les administrations successives, pourtant elles sont tellement fragiles…
Elles ont résisté grâce à une poignée d’hommes courageux, pugnaces qui ont su transmettre leur passion.
Il s’agit des pêcheries ou écluses à poissons et de leurs éclusiers.
Sur les 14 en fonctionnement autour de l’île, Saint-Denis en compte 8.
- Marie Pascale NININ
- Ingrid BETHELOT
- Martine SOYER
- Jos VAN ROOSBROECK
- Jean-Gilles GALLINO
- Fanny MUZEREAU
- Dominique DELAZY
- Xavier LAYAC
- Jacques GODINET
- Florine HUSTACHE
- Richard PRADEAU
- Alain CHEREAU
- Valerie PARSY
- Poppre ZOLTAN
- Olivier BALAY
- Rene BETHELOT
- Philippe DIDIER
- Laurence GERMAIN
- Jean Philippe PRESENT
Marie Pascale NINNIN
Evasion Lumineuse
Ingrid BETHELOT
Les grandes manœuvres du Boyard
Martine SOYER
Sérénité
Jos VAN ROOSBROECK
La mer se trempe aux couleurs
Dominique DELAZY
Emotion partagée
Martine SOYER
Regarde poindre le jour, celui de ton réveil. Tremper les mots dans la lumière pour que la vie s’y glisse et jamais ne s’arrête.(Dom)
Jos VAN ROOSBROECK
Vu du ciel l’estran révèle un camaïeu de vert et d’ocre invisible de la terre ferme.
Xavier LAYAC
Sur la droite une balise : une perche de 3 mètres de haut dans la partie la plus avancée en mer afin de signaler la présence de l’écluse. Cette balise portait le numéro de la concession.
Jacques GODINET
En Charente Maritime, les premières constructions d’écluses à poissons datent de près de 1000 an. Elles se développent en Oléron au bas Moyen Âge. Les plus anciennes en Oléron seraient celles de Chassiron et des Seulières.
Jacques GODINET
Les écluses sont implantées sur le domaine publique maritime – propriété de l’Etat. (ordonnances Henri III 1584, Colbert 1681) Le privilège d’exploitation ne peut être assimilé a un droit d’exploitation.
Florine HUSTACHE
Parmi les prédateurs naturels on compte : les hérons, les cormorans, les mouettes, les goélands, les aigrettes garzettes qui viennent se nourrir dès la marée basse. Tout ce qui est vivant est strictement réservé aux éclusiers.
Marie Pascale NININ
Une autorisation peut être retirée pour :
① Non paiement de la redevance.
② Manque d’entretien.
③ Au nom de l’intérêt général.
Poppre ZOLTAN
C’est au XVème siècle que le terme écluse apparaît. Elles sont exploitées par les seigneurs locaux qui accordent des droits de construction et de pêche. En contrepartie le seigneur reçoit une rente et un paiement en nature. Il s’agissait d’un abus seigneurial puisque l’estran a toujours été un espace royal et non féodal.
Florine HUSTACHE
Les espèces piégées : daurades, bars, congres, orphies, mulets, seiches, tacauds… Le droit de pêche s’accompagne d’une obligation d’entretien.
Olvier BALAY
Du XVIème au XVIIème siècle, sous l’administration de Colbert les écluses à poissons sont encadrées. L’Etat démontre sa volonté de se réapproprier l’estran. Colbert régente leur lieu d’implantation et détermine les normes de construction : forme, hauteur et épaisseur du mur, taille des vergettes (barres de fer de 18mm) des grilles des boucheaux…
Florine HUSTACHE
Boucheau (ou bouchot) ponté qui doit son nom au pont de pierres contrairement aux boucheaux ouverts. L’espacement entre les vergettes doit laisser passer le frai et les poissons de petite taille. Boucheau vient de bouche à eau.
Poppre ZOLTAN
A partir de 1789 l’Etat libéralise la construction de ces pièges à poissons en les encadrant. Il en résulte une multiplication des constructions (environ 180 autour de l’île) pour améliorer l’ordinaire et approvisionner les marchés. Cette pêche, dans une île de paysans, constitue un apport important de protéines.
René BETHELOT
Il est interdit de pêcher à l’intérieur et à moins de 25 mètres du mur d’une écluse. Pas question de poursuivre les crabes entre les pierres.
Dominique DELAZY
Au lever du soleil, une belle lumière se reflète dans l’écluse qui se vide.
Philippe DIDIER
A l’intérieur l’espace délimité par les deux bras (les ailes) de pierres, ouverts en V vers la côte se nomme la Foue.C’est là que se rassemble le poisson entraîné par le courant descendant.
Marie Pascale NININ
Napoléon III par le décret de 1853 prononce la destruction de toutes les écluses, les accusant d’être en concurrence avec d’autres pêches et une menace pour la navigation. Oléron résiste, il n’en sera détruit que 60 !
Jacques GODINET
Les coquillages participent à la solidité du mur. Y toucher c’est déjà détruire le mur.
Laurence GERMAIN
Après 1870 l’activité des «pêcheries de pierres » est strictement encadrée. L’écluse joue un rôle d’amortisseur socio-économique lors des crises du commerce du sel et du phylloxéra de la vigne. Sans le produit des écluses, les Oléronais les plus défavorisés auraient davantage souffert de malnutrition.
Laurence GERMAIN
Cinq écluses (aux Sables Vigniers) sont inscrites au titre des monuments historiques en attente de classement. Ici les murs s’appuient sur le relief existant.
Jean-Gilles GALLINO
Sur Saint-Denis on trouve : Les Vieilles Longes, Madame Naud, Les Jeunes Pointes, Le Grand Sabia, Le Courçât, Le Denis, Le Boyard, Les Pétaudelles. On a connu : La Peur, La Charmante, Le Pot de Chambre et Les Caleçons…
Fanny MUZEREAU
Chaque part d’écluses comprend deux marées consécutives : une de jour et une de nuit. Le nombre attribué de marées est proportionnel au nombre de parts détenues par l’éclusier. Croire qu’il est à un non éclusier d’y pêcher la nuit est une erreur.
Christiane PIGELET
Le nombre de mareyants par écluse est libre. Le cycle de la lune étant de 28 jours, le chiffre 7 et ses multiples sont à proscrire car cela reviendrait à attribuer les grandes marées aux mêmes personnes. On devient éclusier par cooptation.
Richard PRADEAU
Le secret d’une ride de la mer retirée.
Laissant sur l’écluse le parfum d’une larme oubliée.
Et regarder le silence sur ce banc de clarté. (Dom)
Alain CHEREAU
L’apogée du développement des écluses se situe au milieu du XIXème siècle où l’on dénombre 234 écluses autour de l’île. L’emplacement des écluses est important car elles sont plus ou moins pêchantes. On a compté 2 à 3 rangées successives !
Valérie PARSY
Avec des matériaux trouvés sur place (pierres, débris de bateaux, etc…) les mareyants d’aujourd’hui répètent les mêmes gestes que leurs ancêtres. Les réparations s’effectuent sur plusieurs marées. Il faut donc protéger le travail déjà accompli, sous peine de voir la marée suivante l’emporter.
Jean Philippe PRESENT
Les écluses sont des réserves de biodiversité. Conservant toujours de petites mares, elles préservent les organismes qui ne supportent pas la sècheresse. Soutenir et respecter les écluses c’est favoriser la biodiversité de l’estran.
Rene BETHELOT
Elles sont sujettes à débat. Soit les écluses protègeraient le trait de côte… non démontré !Soit elles favoriseraient la mécanique de la houle qui érode le trait de côte… ce qui n’est pas demontré non plus.
Jacques GODINET
Leur construction s’interrompt avant la première guerre mondiale ainsi que leur entretien. Un arrêté ministériel de 1965 interdit toute création, tout renouvellement ainsi que tout transfert de pêcherie, soit entre vivants soit en cas de décès.

